La vie rêvée d’Eugénie Hugo

Posté par aloha le 6 octobre 2015

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Eugénie fille de Victor Hugo… Maîtresse d’Hector Berlioz… Qui est donc cette jeune fille en réalité?

Eugénie est la première des filles de Victor Hugo, née d’une mère inconnue, qui mourra en couche en lui donnant la vie… Elle apprendra lentement à trouver sa place aux côtés du Grand Homme et sous l’ombre pesante de ses sœurs… Léopoldine mourra accidentellement à 19 ans, mais écrasera de sa présence Eugénie mais aussi Adèle, plus fragile qui sombrera doucement dans la folie, pour s’y abandonner complètement 40 ans de sa vie… Eugénie partage, avec humour et passion, ses joies, ses jalousies, ses tristesses, ses amours avec Hector Berlioz, ses frustrations de fille illégitime… Eugénie raconte le génie, l’œuvre, le courage et les blessures de son Père…, sauf que Victor Hugo n’a pas eu d’autre fille… !

 

 

 

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« Sa mère était une putain que voulez-vous attendre d’elle… « 

« Vous comprenez cette enfant conçue hors du mariage c’est une malédiction ! »

« On m’a expliqué que c’était mieux si je vivais ailleurs.

 - Tu comprends Eugénie, si les gens apprennent que ton papa a eu une enfant avec une fille perdue ça ruinerait sa réputation. Ton papa est très célèbre tu sais, tu ne veux pas faire de tort à ton papa ?

-Ba non ! Évidemment ! Et d’abord c’était quoi une fille perdue ? A ce moment-là je n’en savais rien je pensais que ma maman s’était perdue c’est pour ça que je ne la voyais jamais.

 

« Il est partout ! Pontmercy c’est lui; Marius c’est lui, Jean Valjean c’est lui ; Papa qui voulait revenir d’exil, Jean Valjean du bagne ; Marius suivait Causette comme Victor Adèle ; Marius se lance en politique, sans commentaires.. »

 

« J’entendais sa musique et la couleur envahit la pièce, mes rideaux blancs devinrent roses et le tissu qui recouvrait mon lit gris devint bleu.

-Qui est cette douce créature cher ami ? demanda Hector à mon père

-Elle n’est personne ! répondit papa.

-Moi ? Mais enfin papa raconte-moi ! Non rien, tu me renvoyas dans ma chambre. 

Jamais il n’a été question de moi, jamais tu n’as écrit sur moi..

 

Je suis morte. Tu entends je suis morte !

Mais je n’ai surement jamais existé.

En fait je suis peut-être folle. Je suis Adèle alors? Je suis folle !

Je veux être Léopoldine, je suis Léopoldine ! Aime moi papa,

J’apprendrai à nager pour ne jamais me noyer

Je ne me marierai jamais pour ne jamais mourir!

 

 

Auteur : Luc Tallieu
Artistes : Lucie Falcou
Metteur en scène : Luc Tallieu

Nb: quelques infidélités au texte retranscrit de mémoire en partie.

 

Un texte écrit avec talent, inspiré d’une biographie grandiose, l’interprétation est renversante. 1H30 d’attention ou s’anime sous nos yeux,(public aguerri et amateur de 9 à 70 ans), une actrice incroyable. Elle porte avec brio une histoire riche, réussi l’audacieux pari de faire sourire et pleurer plus de la moitié de la salle, sans décrocher un seul instant. Plus tard, on s’entendra même avoir tous vu le personnage vieillir sous nos yeux. Mais quoi? Sans entracte, sans  apparats, Lucie, plutôt  le personnage d’Eugénie à la fin de la pièce portait étrangement le masque de la vieillesse, triste abattue, attendant désespérément sa place.

Monsieur Tallieu vous reteniez la porte à la sortie, nous avons retenu notre souffle et vous avons dit merci pour cette belle émotion….

Quel talent…! Bravo.


Je respire où tu palpites

Je respire où tu palpites,

Tu sais ; à quoi bon, hélas !

Rester là si tu me quittes,

Et vivre si tu t’en vas ?

A quoi bon vivre, étant l’ombre

De cet ange qui s’enfuit ?

A quoi bon, sous le ciel sombre,

N’être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles

Dont avril est le seul bien.

Il suffit que tu t’en ailles

Pour qu’il ne reste plus rien.

Tu m’entoures d’Auréoles;

Te voir est mon seul souci.

Il suffit que tu t’envoles

Pour que je m’envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;

Mon âme au ciel, son berceau,

Fuira, dans ta main blanche

Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne

Si je n’entends plus ton pas ?

Est-ce ta vie ou la mienne Qui s’en va ?

Je ne sais pas.

[.....]

Victor Hugo « Les Contemplations »

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Jean

Posté par aloha le 23 août 2015

 

Extrait reportage Jean D’Ormesson

Quand il fait beau on n’a pas besoin de porter des chaussettes…

 

- Qu’est ce que cela fait d’être canonisé de son vivant?

- C’est plus une leçon de modestie plutôt qu’une leçon d orgueil

- Votre mère vous avait dit « Ne parle pas de toi, ne te fais pas remarquer. »

- Oui elle m’a laissé 3 préceptes en mourant, ne parle pas de toi, ne te fais pas remarquer, toute lettre mérite réponse (et ça c’est dur maintenant , je reçois pas mal de courrier)

je sais très bien que cette vie est plutôt triste,  qu’elle est difficile, que le monde a toujours été plutôt cruel. Vous souvent on dit « ah la vie est difficile aujourd’hui, elle a toujours était difficile, vous savez une formule que j’ai complétement abandonné » c’était mieux avant  » non ca n’était pas mieux avant. C’était peut-être pire avant. je me rappelle quand j’avais 15 ans, 14 ans, 13 ans, on avait le choix entre Hitler ou Staline. Alors on me dit aujourd’hui il n’y avait qu’a ne pas choisir. On ne pouvait pas ne pas choisir. Il fallait choisir. Je dois vous dire, que moi, porté par ma famille, j’ai choisi Staline contre Hitler. j’ ai des amis qui ont choisi Hitler contre Staline. Ils ont été fusillés, ils ont perdu la vie ca était un drame épouvantable.

Je me rappelle j’avais un ami qui m’avait dit: « Tu ne seras jamais un grand écrivain car tu n’as pas été assez malheureux. Et ca ca m’avait fait un coup terrible…

Je sais donc que la vie est triste, que la vie est difficile.

J’ai eu ma part de souffrance. On m’a dit « qu’est ce que tu as appris quand tu as été malade? » Je dirais que j’ai appris deux choses: tout d’abord que le système médical français est merveilleux. La deuxième chose c’est que j’ai appris que les gens étaient très malheureux. Je n’étais pas bien, vous savez j’ai passé plusieurs mois à l’hôpital, je crois que le médecin avait dit à ma femme il a une chance sur 5 de s’en tirer. Enfin je m’en suis tiré mais beaucoup ne s’en tire pas et moi je suis sorti de l’hôpital peut-être avec quelque chose que les communistes appellent solidarité, que les bouddhistes appellent la compassion, que les chrétiens appellent la charité et c’est aussi une des leçons de mes parents « ne pense pas qu’à toi ».

- Certains disent « Il a le courage du bonheur » .

- Les francais ont un peu changé. Ils sont devenus ce que disait Cocteau. Cocteau disait « un francais c’est un italien de mauvaise humeur ».

C’est comme un écrivain que j’aime beaucoup, comme Cioran. Cioran était horriblement pessimiste. Il a eu un merveilleux scoop « Les enfants que je n’ai pas eu ne savent pas tout ce qu’ils me doivent. » C’est quand même merveilleux comme formule. Et bien je crois, contrairement à Cioran, que c’est une chance d’être né. C’est une chance. Mais bien sur il y a des gens qui se disent qu’ils auraient mieux fait de ne pas naître.

A mon âge quand on fête mon anniversaire, je sais que ca n’est pas une année de plus mais une année de moins. Mais évidemment ca ne me plonge pas dans le chagrin. Vous savez on meurt parce qu’on est né. A partir du moment ou vous naissez vous passez une espèce de contrat avec la mort . Si vous êtes né vous mourrez ca fait partie de la vie donc je crois qu’il faut vraiment l’accepter avec sérénité.

- Même la mort ne vous fait pas peur ?

- Non franchement non. Peut être j’ai été tellement curieux dans ma vie que je suis assez curieux de savoir ce qu’il va se passer. S’il y a un dieu, ca c’est merveilleux. Les chrétiens, les musulmans, les juifs ont beaucoup de chance. ils se disent qu’ils vont mourir. Mon arrière grand-père et mon arrière grand-mère surtout attendaient la mort avec impatience, c’était un honneur de mourir puisqu’on savait qu’il y avait Dieu.

- Vous  êtes agnostique?

- bien sûr

- Mais vous refusez l’idée que Dieu n’existe pas?

- Je me suis souvent présenté comme un catholique agnostique. Vous savez j’ai lu un peu Mère Teresa. Et ce qu’il y a de plus intéressant chez Mère Teresa c’est qu’elle n’a jamais cessé de douter. Alors si Mère Teresa doutait qu’est ce que je fais moi? Evidemment je doute. Je crois que c’est un philosophe espagnol qui s’appelle Unamuno qui disait « Peut-être que croire en Dieu c’est tout simplement espérer qu’il existe » et bien j’espère qu’il existe.

Vous savez pourquoi? Parce que s’il n’existe pas la vie est quand même trop dure. Que ce soient toujours les mêmes qui gagnent, que ce soient toujours ceux qui soient les plus brutaux les plus dissimulés ou les plus habiles qui l’emportent sur les plus honnêtes et les plus modestes, si vraiment c’est ça la vie c’est vraiment dur. Alors il vaut mieux espérer qu’il y ait quelque chose.

- Vous êtes immortel depuis 1974..

- Paul Valery disait « L’académie est composée des plus habiles des gens sans talent et des plus naïfs des jeunes talents. »

L’immortalité académique c’est une blague.

On avait demandé à Gaston Gallimard « Qu’est ce que vous avez aimé dans la vie? » Et il avait répondu dans l’ordre « Les bains de mer, les femmes, les livres. » Et bien je répondrai comme lui :

Les femmes, les bains de mer, les livres.

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Vert tout l’univers est vert

Posté par aloha le 22 août 2015

Hasard vous avez dit hasard..?

Au géographe Eric Julien, nous avons posé une question: « si les objets avaient la parole, quels sont ceux qui raconteraient le mieux votre vie? » il nous a sorti un album de blueberry, une boussole et un nez de clown. Le rêve, le voyage et l’humour… » Edito Ca m’intéresse.

A peine fini les achats des rentrées scolaires, deux mois bientôt et on verra les rayons afficher les prémices des ventes de Noël. Vite, le temps passe vite, l’argent circule, plus dans un sens que dans l’autre. Si je me pose quelques instants et justement cherche le sens à toute cette danse, cette folie (?), mascarade, quotidien, j’avoue avoir l’impression de tourner en rond. Et les cadeaux de Noël profitons en, parlons en…. qui va encore m’offrir un présent qui ne sert à rien? Un bidule que je n’aimerais pas mais bon c’est l’intention qui compte; Il ne faudrait pas être traitée d’impolie non plus. Et pire choisir pour ceux qu’on aime… s’asseoir, prier, attendre une révélation, l’idée, le meilleur cadeau au pied du sapin; ou flâner dans la galerie marchande et se laisser prendre au jeu de la consommation.

Entre deux pas chassés sur la toile, une lueur d’espoir, une résonnance, une association, des hommes et des femmes qui partagent, proposent, avancent pour ne pas perdre, ne pas continuer le massacre que l’on inflige à notre terre, à nos mémoires.

L’association Tchendukua nous propose une palette d’idées pour s’offrir des présents, un éventail de couleur pour l’avenir, vraiment à découvrir.

https://youtu.be/7a1y5l4dbz8

 

Un carré vert pour commencer…

« C’est un des objectifs principaux de notre association : restituer leurs territoires aux Indiens Kogis… En s’y mettant à plusieurs, nous pouvons racheter des terres dans la Sierra Nevada de Santa Marta, suffisamment grandes pour accueillir des familles, voire tout un village.

Un « carré vert », c’est un terrain d’environ 500 m2 dans la Sierra Nevada de Santa Marta. Cet espace permettra aux Kogis, repoussés vers le sommet du massif, de retrouver des terres chaudes, et donc de conserver la diversité des cultures qui leur permet de vivre.

Acheter ce petit bout de terre par l’intermédiaire de Tchendukua contribue donc à rendre un territoire à une communauté, et lui permettre de conserver son identité. Pour nous, c’est l’occasion de s’enrichir de nos différences. »

http://www.tchendukua.com/

 

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« La joie et la compassion sont des valeurs qu’il convient de réinvestir de toute urgence. »

« Nous sommes tous des visiteurs de cette époque, nous ne faisons que passer. Notre objectif ici, est d’observer, d’apprendre, de grandir, d’aimer… Puis, nous retournons d’où nous venons, vers la maison » Proverbe indien

 

 

 

 

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1692 – Baltimore

Posté par aloha le 2 août 2015

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et souvenez-vous  de la paix qui peut exister dans le silence.

Sans Aliénation, vivez, autant que possible en bons termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité. Ecoutez les autres, mêmes les simples d’esprit et les ignorants, ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l’esprit. Ne vous comparez avec personne: il y a toujours plus grands et plus petits que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe.

Soyez vous-même

Surtout, n’affectez pas l’amitié. Non plus ne soyez pas cynique en Amour car, il est, en face de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe. Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse.

Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec des chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

Au delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous même. Vous êtes un enfant de l’univers pas moins que les arbres et les étoiles. Vous avez le droit d’être ici. Et qu’il soit clair ou non l’univers se déroule sans doute comme il le devait. Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez, dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre cœur. Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau.

Tachez d’être heureux.

 

Trouvé dans une église de Baltimore.

auteur inconnu.

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Je ne mourrai pas, j’ai un fils – proverbe arabe

Posté par aloha le 29 août 2013

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   »C’est un proverbe arabe, d’Oman je crois. Je me le murmure souvent depuis que je suis père, quand j’écris et que je m’imagine, devenu grand, penché au-dessus de mon épaule. Lui, c’est notre enfant: voilà 5 ans qu’il nous a offert, à sa mère et à moi, une forme d’immortalité, en ce sens que nous nous sentons encore plus vivants avec lui, merveilleusement plus vivants. Ses regards, ses rires, ses questions, l’observer jouer, l’entendre chantonner… Pas seulement un prolongement temporel, mais un embellissement de la vie, qui soudain, n’a plus de limites: plus ample, plus surprenante, plus chargée de sens, de joie et d’une certaine gravité aussi. Une vie qui nous oblige à nous demander, à chaque instant: que voulons nous transmettre? »

Christophe Ono-Dit-Biot

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