La Môme

72 rue de Belleville le certifie : 

« Sur les marches de cette maison naquit le 19 décembre 1915, dans le plus grand dénuement, Edith Piaf, dont la voix, plus tard devait enchanter le monde »

C’est nous les mômes, les mômes de la cloche, clochards qui s’en vont, clochards sans un rond en poche. C‘est nous les paumés, les purées d’paumés, qui s’en vont, qui s’en vont dormir le soir n’importe où.

 

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http://www.telerama.fr/piaf/#chap1

 

http://www.ina.fr/video/I04272335/simone-berteaut-souvenirs-du-belleville-d-edith-piaf-1-2-video.html

 

http://www.ina.fr/video/I04272336/simone-berteaut-souvenirs-du-belleville-d-edith-piaf-2-2-video.html

 

LES MOMES DE LA CLOCHE

D’un bout à l’autre de la semaine,Sur les boulevards, dans les faubourgs,

On les voit traîner par centaines, Leurs guêtres sales et leurs amours

Dans des chemises de dix sous. Sous la lumière des réverbères,

Prenant des airs de Pompadour, Ce sont nos belles ferronnières,

Ce sont nos poupées, nos guignols, nos pantins. Écoutez dans la nuit,

Elles chantent ce refrain :

C’est nous les mômes, les mômes de la cloche,

Clochards qui s’en vont sans un rond en poche.

C’est nous les paumées, les purées d’paumées

Qui sommes aimées un soir n’importe où.

Nous avons pourtant, Cœur pas exigeant

Mais personne n’en veut. Eh ben tant pis pour eux.

Qu’è’qu’ça fout, On s’en fout !

Nul ne s’y accroche. Il n’y a pas d’amour. Et l’on sera toujours

Les mômes de la cloche !

Mais comme elles n’ont pas les toilettes, Qu’il faut pour les quartiers rupins,

C’est pas aux Galeries Lafayette, Qu’elles vont faire chaque soir leur turbin.

Le long du canal Saint-Martin, Au Sébasto, à la chapelle,

On est toujours assez gandin, Pour le monsieur qui vous appelle.

C’est d’l'article populaire, c’est pas du beau joujou. ‘y a pas d’poupées en soie, Aux bazars à trente sous.

C’est nous les mômes, les mômes de la cloche, Clochards qui s’en vont sans un rond en poche.

C’est nous les paumées, les purées d’paumées, Qui sommes aimées un soir n’importe où.

Tout comme nos ribouis, Nous n’sommes pas vernies.

Jamais l’on ira Sur la Riviera.

Qu’è’qu’ça fout, On s’en fout !

Quand l’agent nous fauche, On va faire quatre jours,  Là-bas à la Tour.

Les mômes de la cloche, Elles ont vendu toutes leurs caresses.

Elles furent payées tant bien que mal, Puis un jour, plus rien dans la caisse,

Elles vont se fiche dans l’canal Et sans avoir comme un cheval

La pitié des gens de la rue, On les emmène à l’hôpital.

La foule dit  » bah, ce n’est qu’une grue » Et voilà comment nos poupées, nos pantins,

Lorsqu’elles n’ont plus le sou S’en vont toutes à Pantin.

C’est nous les mômes, les mômes de la cloche, Clochards qui s’en vont sans amis, sans proches.

C’est nous les paumées, les purées d’paumées Qui s’en vont dormir dans l’horrible trou.

Derrière not’ convoi Jamais l’on ne voit Ni fleurs ni couronnes, Pas même une personne

Qu’è’qu’ça fout, On s’en fout !

Quand la mort nous fauche, C’est not’ plus beau jour.

Cloches, sonnez pour Les mômes de la cloche !

 

Ecrite par Vincent Scotto et Decaye, musique de Médinger composée en 1936. 1ère chanson enregistrée par Edith Piaf

 

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Madame…

Edith Piaf interprète avec Théo Sarapo pour la première fois en 1962 « A quoi ca sert l’amour » une chanson de Michel Emer (paroles et musique).

Elle décèdera le 11 octobre 1963, à l’âge de 47 ans; Le même jour que son ami Jean Cocteau. Il écrit une pièce pour elle et son compagnon Paul Meurisse « Le bel indifférent » (en 1940 au Théâtre des Bouffes-Parisiens).

Le 11 octobre 1963, Edith nous quitte, un an et un jour après s’être mariée avec Theo Sarapo, alors âgé de 27 ans. Sept ans plus tard, il meurt tragiquement d’un accident de la route.

Une vie en relief, des montagnes de douleurs et d’épreuves, des cascades incroyables, chevauchée de mondes magiques, une étoile, une grande dame, une voix exceptionnelle, un cœur qui résonne encore, et cette chanson qui vient boucler la boucle. L’image de l’espoir, le message rayonnant d’une personne qui ne fait pas semblant.

A.

La  «Môme de Paris»  & le  «Funambule de tous les Arts» - Les auras éternelles d’une étoile filante à la voix exceptionnelle et l’astre stellaire aux trop nombreux talents artistiques.

«Quand elle est morte… le Poète pleurait» (*)

Dans sa retraite de la Maison du Bailli à Milly-la-Forêt, Jean Cocteau -ménagé par sa cuisinière qui connaît parfaitement la fragilité de son état de santé-, apprend la mort quelques heures plus tôt de sa grande amie Edith Piaf qu’il avait fait débuter au théâtre dans sa pièce «Le Bel Indifférent» (1940). Au même moment, à Paris, nombre d’artistes et de personnalités s’étonnent que l’écrivain et académicien, si proche de la chanteuse défunte, mette autant de temps à témoigner ses souvenirs et à lui rendre hommage.

Peu de personnes savent en réalité que, déjà victime de deux crises cardiaques et trop ému, il vient de déclarer à son proche entourage : «C’est le bateau qui achève de couler. C’est ma dernière journée sur cette terre.»

Quelques heures après, il s’éteint à son tour sans avoir eu la force d’écrire l’article que le magazine Paris-Match venait de lui commander pour être publié dès le lendemain de cette si pénible journée. Il repose dans la chapelle Saint-Blaise-des-Simples de Milly-la-Forêt, décorée par ses soins (1959).

Trop facile serait de conclure cet hommage croisé en rappelant au lecteur que, dans tous les kiosques de France et des pays francophones, le Parisien Libéré publia le lendemain un gros titre évocateur du départ crépusculaire de la somnambule du grand public et du funambule du Tout-Paris : «La mort d’Édith Piaf a tué Jean Cocteau».

Accordons plutôt à ce dernier le mot de la fin : «Vivre me déroute plus que mourir» (*). Mieux encore, laissons à Édith Piaf celui de fredonner l’hymne à l’amour et à son éternel retour : «Non, rien de rien / Non, je ne regrette rien / Ni le bien qu’on m’a fait, ni le mal / Tout ça m’est bien égal / Non, rien de rien / Non, je ne regrette rien / C’est payé, balayé, oublié / Je me fous du passé / Balayés pour toujours / Je repars à zéro Car ma vie / Car mes joies / Aujourd’hui / ça commence avec toi…» (*).

Pierre Le Blavec de Crac’h

 

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