Les orientales

Posté par aloha le 25 mai 2016

L’art n’a que faire des lisières, des menottes, des baillons; il vous dit: Va ! et vous lâche dans ce grand jardin de poésie, ou il n’y a pas de fruit défendu. L’espace et le temps sont au poète. Que le poète donc aille ou il veut, en faisant ce qui lui plait ; c’est la loi. Qu’il croie en Dieu ou aux dieux, à Pluton ou à Satan, à Canidie ou  Morgane, ou  rien, qu’il acquitte le péage du Styx, qu’il soit du sabbat ; qu’il écrive en prose ou en ver, qu’il sculpte en marbre ou coule en bronze ; qu’il prenne pied dans tel siècle ou dans tel climat ; qu’il soit du midi, du nord, de l’occident, de l’orient ; qu’il soit antique ou moderne ; que sa muse soit une muse ou une fée, qu’elle se drape de la colocasia ou s’ajuste la cotte-hardie. C’est à merveille…Le poète est libre…Mettons-nous à son point de vue, et voyons.

 

Victor Hugo  – « Les orientales »

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Journal

Posté par aloha le 14 février 2016

Extraits « Journal » Jules Renard

 

• Cherchez le ridicule en tout, vous le trouverez. (17 février 1890)

• Il a chassé le naturel : le naturel n’est pas revenu.(27 janvier 1894)

• Un matin si gris que les oiseaux se recouchaient. (1896)

• Écrire, c’est une façon de parler sans être interrompu. (1895)

• L’accent circonflexe est l’hirondelle de l’écriture. (8 mai 1901)

• C’est une question de propreté : il faut changer d’avis comme de chemise. (9 octobre 1902)

• Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le. (26 décembre 1905)

• Nietzsche. Ce que j’en pense ? C’est qu’il y a bien des lettres inutiles dans son nom. (7 juillet 1906)

• La critique est aisée, et le critique est dans l’aisance. (1907))

• N’écoutant que son courage, qui ne lui disait rien, il se garda d’intervenir. (18 octobre 1908)

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Coalescence

Posté par aloha le 14 février 2016

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Le 11 février 2016, une nouvelle fenêtre s ouvre sur l univers, un siècle après leur description par Einstein, des ondes gravitationnelles ont été détectées par les équipements Ligo et Virgo.

La détection de ces ondes constitue un enjeu important de la physique contemporaine car cela confirme non seulement la théorie de la gravitation proposée par Einstein mais cela va permettre d’étudier les astres d’une manière toute nouvelle.

Les étoiles binaires sont deux étoiles en orbite l’une autour de l’autre. D’après Einstein, lors de la coalescence d’un système binaire une partie de l’énergie est dispersée sous forme d’ondes gravitationnelles qui sont des déformations de l’espace-temps.

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L’ univers dans lequel nous vivons est en expansion. Nous le savons parce que nous observons les galaxies et les groupes de galaxies s’éloigner progressivement de nous dans l’univers. Cette expansion a commencé dès la formation de l’univers, il y a quelque 14 milliards d’années, lors d’une phase chaude et dense appelée Big Bang.

L’univers n’a pas de centre, parce qu’il n’a pas de bord. Dans un univers fini, l’espace est courbé de telle manière que si vous pouviez voyager des milliards d’années lumière en ligne droite, vous finiriez par revenir à votre point de départ. Il est également possible que notre univers soit infini. Dans les deux cas, les groupes de galaxies emplissent totalement l’univers et s’éloignent les uns des autres en tout point, suivant en cela l’expansion de l’univers

Remonter l’histoire de l’Univers

Après les ondes électromagnétiques (lumière, ondes radio, rayons X…), qui ont permis aux astronomes d’observer des phénomènes et des objets cosmiques de plus en plus éloignés, les ondes gravitationnelles vont désormais permettre d’étudier des événements extrêmes et de remonter encore plus loin dans l’histoire de l’Univers. Le ­redémarrage en 2016 du détecteur Advanced Virgo en Italie, dont les données seront combinées avec celles de Ligo, fournira aux chercheurs un observatoire gravitationnel capable d’identifier et de localiser encore plus précisément les sources de ces précieuses ondes. Kagra au Japon devrait com­pléter ce réseau vers 2018. Ces instruments seront ensuite rejoints, vers 2030, par eLISA, un ensemble de trois satellites qui constitueront un interféromètre avec l’ambition de détecter directement les ondes gravitationnelles issues du Big Bang. L’ère de l’astronomie gravitationnelle est née. Cnrs – Le journal.

 

 

La détection de ces ondes gravitationnelles « marque la naissance d’un domaine de l’astrophysique entièrement nouveau, comparable au moment où Galilée a pointé pour la première fois son télescope vers le ciel » selon la directrice de la Fondation nationale américaine des sciences.

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Sa femme

Posté par aloha le 11 octobre 2015

Elle est sa muse, « celle qu’il attendait depuis toujours ».L’élan de la passion, l’audace de l’écrivain, la fresque dramatique du genre humain..Un regard, une main saisie d’amour transforme la nuit en jour, n’efface pas le passé mais rend grâce au présent.

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Le fou d’Eva..

Dans la première sélection du prix Goncourt, il y a « Eva » de Simon Liberati, édité chez Stock, longue déclaration d’amour de l’auteur à son épouse Eva Ionesco.

Simon Liberati:

« Les pulsions suicidaires d’Eva, son intransigeance hautaine et malveillante à l’égard du sexe masculin, ma propre fuite en avant, ma misogynie et nos deux égoïsmes ne pouvaient être tempérés que par l’absolu de notre engagement. »

A la naissance de sa passion amoureuse, Simon Liberati consacre une centaine de pages introductives, sans rien cacher de la période noire qu’il traversait alors, ses « molles » tentatives de suicide, son « ivrognerie », son addiction à la cocaïne. Un être en perdition en rencontre un autre – il écrit : « L’amour vrai naît dans la souffrance », et si l’auteur a promis en quatrième de couverture un « éloge » de sa femme, le portrait est d’autant plus fort qu’il ne fait pas non plus l’impasse sur ses excès à elle : allergique à l’autorité, obsessionnelle, « sujette à des sautes fulgurantes », terrifiée par la pénombre, « d’un narcissisme asilaire »… Autant de stigmates d’une enfance qu’il va s’employer à reconstituer ensuite, en procédant souvenir par souvenir, les siens, ceux d’Eva ou de son ami Christian Louboutin, année par année, enquêtant comme écrivain et non comme journaliste d’investigation : il en était un « mauvais », dit-il.

 

 « Cette poupée d’envoûtement répandait, selon sa fille (…) un fumet âcre de transpiration paludique, se signalait à l’attention par une voix criarde et rauque, des jets d’urine lâchés à n’importe quel coin de rue (..) ainsi que le parfum du haschich de Baudelaire et de Renée Vivien fumé à longueur de temps (…)»

C’est l’une des phrases qu’Irina Ionesco aurait souhaité voir disparaître. Plus loin, Simon Liberati évoque aussi la filiation incestueuse d’Irina, née de l’union de sa mère avec le père adoptif de celle-ci. Le juge des référés a finalement été sensible à l’argument de la défense qui rappelait que la photographe avait elle-même parlé de l’inceste ou de ses problèmes de santé dans L’œil de la poupée, son roman autobiographique paru en 2004. L’avocate de Simon Liberati et des éditions Stock s’était indignée : « Je trouve sidérant qu’une mère, après avoir saccagé l’enfance de sa fille comme elle l’a fait, puisse s’offusquer de quelques propos tenus sur elle. »

*Le 27 mai dernier, la Cour d’appel de Paris a interdit à Irina Ionesco l’exploitation des photos prises de sa fille quand elle était mineure. La photographe, qui avait invoqué devant la Cour d’appel « le droit à la liberté d’expression, notamment artistique » s’est pourvue en Cassation.

 

Interview Culture

Manifeste amoureux

Simon Liberati fait aussi le portrait sans aveuglement de l’Eva d’aujourd’hui, des deux Eva (Eva et Eva) : les crises, l’obsession de son image, la chirurgie esthétique, les extravagantes séances d’essayage, les caprices, les appétits sexuels (extravagants aussi), l’égoïsme, les angoisses, l’intelligence, le courage, l’altruisme, la générosité.
Le romancier aime tout de cette femme : « Eva » est avant tout un manifeste amoureux. « J’ai su très vite qu’Eva allait me rendre heureux », dit Simon Liberati au début du roman, « c’est-à-dire m’affoler, bouleverser ma vie si complètement qu’il faudrait tout refaire autrement et dans le désarroi, seul symptôme incontestable de la vérité », ajoute-t-il. Tout est dit. « Eva » est le récit de cette révolution. Pas sûr que ce soit un roman, mais plutôt un objet littéraire entre le journal et les confessions, qui réserve de très belles et bouleversantes pages.

 

 

 

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Orgueil & badinage

Posté par aloha le 11 octobre 2015

Acte I

Scène II

 Le salon du baron.

 Le Baron

-Raison de plus ; ne voulez-vous pas qu’une femme admire ce qu’elle comprend ? D’où sortez-vous, Bridaine ? Voilà un raisonnement qui fait pitié.

Maitre Bridaine

-Je connais peu les femmes ; mais il me semble qu’il est difficile qu’on admire ce qu’on ne comprend pas.

Le Baron

-Je les connais, Bridaine, je connais ces êtres charmants et indéfinissables. Soyez persuadé qu’elles aiment à avoir de la poudre dans les yeux, et que plus on leur en jette, plus elles les écarquillent, afin d’en gober davantage. […]

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Perdican

-Si ma cousine recule quand je lui tends la main, je vous dirai à mon tour : Excusez-moi ; l’amour peut voler un baiser, mais non pas l’amitié.

Camille

-L’amitié ni l’amour ne doivent recevoir que ce qu’ils peuvent rendre.

 

Acte II

Scène III  

Devant le château.

Entre le Chœur:

Plusieurs choses me divertissent et excitent ma curiosité. Venez, mes amis, et asseyons-nous sous ce noyer. Deux formidables dîneurs sont en ce moment en présence au château, maître Bridaine et maître Blazius. N’avez-vous pas fait une remarque ? C’est que, lorsque deux hommes à peu près pareils, également gros, également sots, ayant les mêmes vices et les mêmes passions, viennent par hasard à se rencontrer, il faut nécessairement qu’ils s’adorent ou qu’ils s’exècrent. Par la raison que les contraires s’attirent, qu’un homme grand et desséché aimera un homme petit et rond, que les blonds recherchent les bruns, et réciproquement, je prévois une lutte secrète entre le gouverneur et le curé.

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PERDICAN

-Pas ce soir ! Et quand donc ? Toute notre vie est là.

CAMILLE

-Je ne suis pas assez jeune pour m’amuser de mes poupées, ni assez vieille pour aimer le passé.

 

Scène IV  

Une fontaine dans un bois.

 

Perdican

-Oui, il y a dix ans que je ne vous ai vus, et en un jour tout change sous le soleil. Je me suis élevé de quelques pieds vers le ciel, et vous vous êtes courbés de quelques pouces vers le tombeau. Vos têtes ont blanchi, vos pas sont devenus plus lents, vous ne pouvez plus soulever de terre votre enfant d’autrefois. C’est donc à moi d’être votre père, à vous qui avez été les miens.

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Perdican

-Oui, on me l’a dit aussi. Les sciences sont une belle chose, mes enfants ; ces arbres et ces prairies enseignent à haute voix la plus belle de toutes, l’oubli de ce qu’on sait.

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CAMILLE

-Répondez donc à ma première question. Ai-je raison de rester au couvent ?

Perdican

-Non.

CAMILLE

-Je ferais donc mieux de vous épouser ?

Perdican

-Oui.

Si le curé de votre paroisse soufflait sur un verre d’eau et vous disait que c’est un verre de vin, le boiriez-vous comme tel ?

-Non.

CAMILLE

-Si le curé de votre paroisse soufflait sur vous et me disait que vous m’aimerez toute votre vie, aurais-je raison de le croire ?

Perdican

-Oui et non.

CAMILLE

-Que me conseilleriez-vous de faire le jour où je verrais que vous ne m’aimez plus ?

Perdican

-De prendre un amant.

 

Perdican

 -J’ai pour amie une sœur qui n’a que trente ans, et qui a eu cinq cent mille livres de revenu à l’âge de quinze ans. C’est la plus belle et la plus noble créature qui ait marché sur terre. Elle était pairesse du parlement et avait pour mari un des hommes les plus distingués de France. Aucune des nobles facultés humaines n’était restée sans culture en elle, et, comme un arbrisseau d’une sève choisie, tous ses bourgeons avaient donné des ramures. Jamais l’amour et le bonheur ne poseront leur couronne fleurie sur un front plus beau. Son mari l’a trompée ; elle a aimé un autre homme, et elle se meurt de désespoir.Cela est possible.

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Perdican

-Ô mon enfant ! Sais-tu les rêves de ces femmes qui te disent de ne pas rêver ? Sais-tu quel nom elles murmurent quand les sanglots qui sortent de leurs lèvres font trembler l’hostie qu’on leur présente ? Elles qui s’assoient près de toi avec leurs têtes branlantes pour verser dans ton oreille leur vieillesse flétrie, elles qui sonnent dans les ruines de ta jeunesse le tocsin de leur désespoir et font sentir à ton sang vermeil la fraîcheur de leurs tombes ; sais-tu qui elles sont ?

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Perdican

-Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.

 

Scène VIII

 Un oratoire.

 

PERDICAN

-Orgueil ! Le plus fatal des conseillers humains, qu’es-tu venu faire entre cette fille et moi ? La voilà pâle et effrayée, qui presse sur les dalles insensibles son cœur et son visage. Elle aurait pu m’aimer, et nous étions nés l’un pour l’autre ; qu’es-tu venu faire sur nos lèvres, orgueil, lorsque nos mains allaient se joindre ?

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PERDICAN

-        … nous sommes deux enfants insensés, et nous avons joué avec la vie et la mort ; mais notre cœur est pur ; ne tuez pas Rosette, Dieu juste ! Je lui trouverai un mari, je réparerai ma faute ; elle est jeune, elle sera riche, elle sera heureuse ; ne faites pas cela, ô Dieu ! vous pouvez bénir encore quatre de vos enfants. Eh bien ! Camille, qu’y at-il ?…..

 

Extraits « On ne badine pas avec l’amour » Alfred de Musset

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