Étain

Posté par aloha le 10 octobre 2015

L’étain est un métal pur de la famille des cristallogènes. il est utilisé pour la soudure, depuis l’antiquité. On l’utilise en composant pour le métal, le bronze (mélange de cuivre et d’étain). 

On dit « qu’il crie ou qu’il pleure » lorsqu’on le plie.

Nuit

Le ciel d’étain au ciel de cuivre succède.

La nuit fait un pas.

Les choses de l’ombre vont vivre.

Les arbres se parlent tout bas.

Le vent, soufflant des empyrées,

Fait frissonner dans l’onde,

où luit le drap d’or des claires soirées,

Les sombres moires de la nuit.

Puis la nuit fait un pas encore.

Tout à l’heure, tout écoutait.

Maintenant nul bruit n’ose éclore ;

Tout s’enfuit, se cache et se tait.

Tout ce qui vit, existe ou pense,

Regarde avec anxiété

S’avancer ce sombre silence

Dans cette sombre immensité.

C’est l’heure où toute créature

Sent distinctement dans les cieux,

Dans la grande étendue obscure,

Le grand Être mystérieux.

 

Victor Hugo « Toute la lyre »

 

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Page blanche

Posté par aloha le 10 octobre 2015

Je suis la page blanche,

Le roman inachevé

Les silences me font offense

 

Mimer le vide, devenir transparence

Je suis matière, enfin de rien j’ai l’air

Je suis l’oiseau, je suis la plume

Et l’envol et puis la lune

Je suis le roi et puis le fou

Surtout le pion quand de moi tu te fous

 

Je suis l’accent grave, flottant dans les fins des phrases

En suspens ; point de virgule face au néant,

Mimer la matière blanche, devenir absent.

Ni armes, ni murs, plus d’armures;

Ni funambule de tes envies,

Ni muse à tes murmures

 

Au pays des pages blanches Il ne faut pas s’y tromper

Beaucoup de couleurs sont venues se réfugier

Elles ont perdu leur parure peut-être à jamais

Mais au roman inachevé, il n’y a rien à juger.

 

 

 

 

 

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La vie rêvée d’Eugénie Hugo

Posté par aloha le 6 octobre 2015

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Eugénie fille de Victor Hugo… Maîtresse d’Hector Berlioz… Qui est donc cette jeune fille en réalité?

Eugénie est la première des filles de Victor Hugo, née d’une mère inconnue, qui mourra en couche en lui donnant la vie… Elle apprendra lentement à trouver sa place aux côtés du Grand Homme et sous l’ombre pesante de ses sœurs… Léopoldine mourra accidentellement à 19 ans, mais écrasera de sa présence Eugénie mais aussi Adèle, plus fragile qui sombrera doucement dans la folie, pour s’y abandonner complètement 40 ans de sa vie… Eugénie partage, avec humour et passion, ses joies, ses jalousies, ses tristesses, ses amours avec Hector Berlioz, ses frustrations de fille illégitime… Eugénie raconte le génie, l’œuvre, le courage et les blessures de son Père…, sauf que Victor Hugo n’a pas eu d’autre fille… !

 

 

 

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« Sa mère était une putain que voulez-vous attendre d’elle… « 

« Vous comprenez cette enfant conçue hors du mariage c’est une malédiction ! »

« On m’a expliqué que c’était mieux si je vivais ailleurs.

 - Tu comprends Eugénie, si les gens apprennent que ton papa a eu une enfant avec une fille perdue ça ruinerait sa réputation. Ton papa est très célèbre tu sais, tu ne veux pas faire de tort à ton papa ?

-Ba non ! Évidemment ! Et d’abord c’était quoi une fille perdue ? A ce moment-là je n’en savais rien je pensais que ma maman s’était perdue c’est pour ça que je ne la voyais jamais.

 

« Il est partout ! Pontmercy c’est lui; Marius c’est lui, Jean Valjean c’est lui ; Papa qui voulait revenir d’exil, Jean Valjean du bagne ; Marius suivait Causette comme Victor Adèle ; Marius se lance en politique, sans commentaires.. »

 

« J’entendais sa musique et la couleur envahit la pièce, mes rideaux blancs devinrent roses et le tissu qui recouvrait mon lit gris devint bleu.

-Qui est cette douce créature cher ami ? demanda Hector à mon père

-Elle n’est personne ! répondit papa.

-Moi ? Mais enfin papa raconte-moi ! Non rien, tu me renvoyas dans ma chambre. 

Jamais il n’a été question de moi, jamais tu n’as écrit sur moi..

 

Je suis morte. Tu entends je suis morte !

Mais je n’ai surement jamais existé.

En fait je suis peut-être folle. Je suis Adèle alors? Je suis folle !

Je veux être Léopoldine, je suis Léopoldine ! Aime moi papa,

J’apprendrai à nager pour ne jamais me noyer

Je ne me marierai jamais pour ne jamais mourir!

 

 

Auteur : Luc Tallieu
Artistes : Lucie Falcou
Metteur en scène : Luc Tallieu

Nb: quelques infidélités au texte retranscrit de mémoire en partie.

 

Un texte écrit avec talent, inspiré d’une biographie grandiose, l’interprétation est renversante. 1H30 d’attention ou s’anime sous nos yeux,(public aguerri et amateur de 9 à 70 ans), une actrice incroyable. Elle porte avec brio une histoire riche, réussi l’audacieux pari de faire sourire et pleurer plus de la moitié de la salle, sans décrocher un seul instant. Plus tard, on s’entendra même avoir tous vu le personnage vieillir sous nos yeux. Mais quoi? Sans entracte, sans  apparats, Lucie, plutôt  le personnage d’Eugénie à la fin de la pièce portait étrangement le masque de la vieillesse, triste abattue, attendant désespérément sa place.

Monsieur Tallieu vous reteniez la porte à la sortie, nous avons retenu notre souffle et vous avons dit merci pour cette belle émotion….

Quel talent…! Bravo.


Je respire où tu palpites

Je respire où tu palpites,

Tu sais ; à quoi bon, hélas !

Rester là si tu me quittes,

Et vivre si tu t’en vas ?

A quoi bon vivre, étant l’ombre

De cet ange qui s’enfuit ?

A quoi bon, sous le ciel sombre,

N’être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles

Dont avril est le seul bien.

Il suffit que tu t’en ailles

Pour qu’il ne reste plus rien.

Tu m’entoures d’Auréoles;

Te voir est mon seul souci.

Il suffit que tu t’envoles

Pour que je m’envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;

Mon âme au ciel, son berceau,

Fuira, dans ta main blanche

Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne

Si je n’entends plus ton pas ?

Est-ce ta vie ou la mienne Qui s’en va ?

Je ne sais pas.

[.....]

Victor Hugo « Les Contemplations »

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La terre qui penche

Posté par aloha le 2 octobre 2015

 

La vieille âme

« Je me souviens , car tu as gardé ta vie intacte dans ta mémoire de petite fille et que tu la parcours , à voix haute tandis que tu dors. Alors, tout contre toi, moi la « vieillarde », j’écoute mon enfance causer. Je t’écoute conjuguer jadis au présent et je m’émerveille. »

La petite fille

« Eveillée, je ne suis pas si bavarde, c’est la nuit qui me rend pie.

Comment lutter? Je dis des gros mots dans mon sommeil et , au matin, tout est aussitôt répété à mon père. Alors, on m’appelle et je me présente à la petite badine… A son tour il manque de discernement, quand il m’assène ces coups inutiles. Comment pourrais-je me corriger? [...]

Ma tête se vide par ma bouche, tout s’échappe, par flots je revis chaque journée, bonheurs et peines, je régurgite tout ca sans en avoir conscience. Parfois je rêve si bien à voix haute que, à mon réveil, les grands yeux cernés des filles me disent que je les ai passionnées et qu’elles ont veillé pour ne pas manquer la fin de mon récit. Mais c’est assez rare, le plus souvent, je ne dis rien de très neuf, je chante mes chansons, je récite mes prières, et j’insulte bien fort ceux qui, durant le jour, m’ont cherché noises, empêchée de courir ou je voulais, ou obligée à filer, à broder, à prier, à chanter. Durant mon sommeil, je torture sans retenue qui m’a contrainte, et nombreux sont ceux qui me contraignent dans ce château de mon père ou les filles n’ont qu’à bien se tenir.

Il ne veut pas faire de moi une lettrée, la faute au diable qui entre dans les âmes des filles qui savent lire!

Le diable est filou et agile, et je n’aurai jamais de psautier. Père ne m’a rien appris et j’ai volé de droite et de gauche ce que je sais. Pas grand chose. J’en parle aussi la nuit, de ces quelques lettres que je connais et que je m’applique à dessiner avec un bâton sur la terre, sur l’eau ou dans l’air. Et dès que je maitrise une nouvelle lettre, je m’en vante en dormant et je la présente  à celles que j’ai déjà apprivoisées. J’anime gaiement mon minuscule alphabet en faisant chacune de mes lettres un petit personnage, une marmotte imaginaire, avec son caractère, ses humeurs, sa couleur. Alors la badine cingle de nouveau mes doigts qui ne doivent pas écrire, puisque écrire est aussi une porte pour le diable, agile et filou.

Quand je saurais toutes les lettres de mon prénom, il me semble que j’aurai une clef. C’est surtout celles-là que je préfère, celles qui me permettent de signer B L A N C H E. Elles sont des petits bouts de moi, il est capital que je me connaisse assez pour pouvoir m’écrire, et tant pis pour le diable! Si je le croise, je saurai bien m’en défendre, comme un homme.

Je ne suis pas assez profonde pour garder mes secrets, je déborde. Je préfèrerais pisser au lit, ce la me laisserait au moins ma pensée. Au lieu de quoi , c’est des mots que je pisse par seaux, sans retenue, jamais.

 

Extrait « La terre qui penche » Carole Martinez

 

 

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Chrysalide

Posté par aloha le 1 octobre 2015

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Agir sans agir.

Poursuivre sans se mêler.

Savourer le sans-gout.

 

Rendre le petit grand

Et le peu, beaucoup.

A l’offense, répondre par la vertu.

 

Accomplir le difficile

Avant qu’il ne se montre difficile.

Faire œuvre grande

En la commencant petite.

 

Les taches difficiles

Doivent débuter facilement.

Les taches grandioses

Doivent débuter petitement.

 

Ainsi le sage qui cherche la grandeur

Parvient à devenir grand.

 

Celui qui promet à la légère

Ne rencontre plus de confiance.

Celui qui rencontre tout facile

Rencontre de grandes difficultés.

 

Ainsi le sage considère la difficulté

De toutes choses

Et n’en rencontre jamais aucune.

 

Lao Tseu

Tao Te King

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