Page blanche

Posté par aloha le 10 octobre 2015

Je suis la page blanche,

Le roman inachevé

Les silences me font offense

 

Mimer le vide, devenir transparence

Je suis matière, enfin de rien j’ai l’air

Je suis l’oiseau, je suis la plume

Et l’envol et puis la lune

Je suis le roi et puis le fou

Surtout le pion quand de moi tu te fous

 

Je suis l’accent grave, flottant dans les fins des phrases

En suspens ; point de virgule face au néant,

Mimer la matière blanche, devenir absent.

Ni armes, ni murs, plus d’armures;

Ni funambule de tes envies,

Ni muse à tes murmures

 

Au pays des pages blanches Il ne faut pas s’y tromper

Beaucoup de couleurs sont venues se réfugier

Elles ont perdu leur parure peut-être à jamais

Mais au roman inachevé, il n’y a rien à juger.

 

 

 

 

 

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La vie rêvée d’Eugénie Hugo

Posté par aloha le 6 octobre 2015

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Eugénie fille de Victor Hugo… Maîtresse d’Hector Berlioz… Qui est donc cette jeune fille en réalité?

Eugénie est la première des filles de Victor Hugo, née d’une mère inconnue, qui mourra en couche en lui donnant la vie… Elle apprendra lentement à trouver sa place aux côtés du Grand Homme et sous l’ombre pesante de ses sœurs… Léopoldine mourra accidentellement à 19 ans, mais écrasera de sa présence Eugénie mais aussi Adèle, plus fragile qui sombrera doucement dans la folie, pour s’y abandonner complètement 40 ans de sa vie… Eugénie partage, avec humour et passion, ses joies, ses jalousies, ses tristesses, ses amours avec Hector Berlioz, ses frustrations de fille illégitime… Eugénie raconte le génie, l’œuvre, le courage et les blessures de son Père…, sauf que Victor Hugo n’a pas eu d’autre fille… !

 

 

 

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« Sa mère était une putain que voulez-vous attendre d’elle… « 

« Vous comprenez cette enfant conçue hors du mariage c’est une malédiction ! »

« On m’a expliqué que c’était mieux si je vivais ailleurs.

 - Tu comprends Eugénie, si les gens apprennent que ton papa a eu une enfant avec une fille perdue ça ruinerait sa réputation. Ton papa est très célèbre tu sais, tu ne veux pas faire de tort à ton papa ?

-Ba non ! Évidemment ! Et d’abord c’était quoi une fille perdue ? A ce moment-là je n’en savais rien je pensais que ma maman s’était perdue c’est pour ça que je ne la voyais jamais.

 

« Il est partout ! Pontmercy c’est lui; Marius c’est lui, Jean Valjean c’est lui ; Papa qui voulait revenir d’exil, Jean Valjean du bagne ; Marius suivait Causette comme Victor Adèle ; Marius se lance en politique, sans commentaires.. »

 

« J’entendais sa musique et la couleur envahit la pièce, mes rideaux blancs devinrent roses et le tissu qui recouvrait mon lit gris devint bleu.

-Qui est cette douce créature cher ami ? demanda Hector à mon père

-Elle n’est personne ! répondit papa.

-Moi ? Mais enfin papa raconte-moi ! Non rien, tu me renvoyas dans ma chambre. 

Jamais il n’a été question de moi, jamais tu n’as écrit sur moi..

 

Je suis morte. Tu entends je suis morte !

Mais je n’ai surement jamais existé.

En fait je suis peut-être folle. Je suis Adèle alors? Je suis folle !

Je veux être Léopoldine, je suis Léopoldine ! Aime moi papa,

J’apprendrai à nager pour ne jamais me noyer

Je ne me marierai jamais pour ne jamais mourir!

 

 

Auteur : Luc Tallieu
Artistes : Lucie Falcou
Metteur en scène : Luc Tallieu

Nb: quelques infidélités au texte retranscrit de mémoire en partie.

 

Un texte écrit avec talent, inspiré d’une biographie grandiose, l’interprétation est renversante. 1H30 d’attention ou s’anime sous nos yeux,(public aguerri et amateur de 9 à 70 ans), une actrice incroyable. Elle porte avec brio une histoire riche, réussi l’audacieux pari de faire sourire et pleurer plus de la moitié de la salle, sans décrocher un seul instant. Plus tard, on s’entendra même avoir tous vu le personnage vieillir sous nos yeux. Mais quoi? Sans entracte, sans  apparats, Lucie, plutôt  le personnage d’Eugénie à la fin de la pièce portait étrangement le masque de la vieillesse, triste abattue, attendant désespérément sa place.

Monsieur Tallieu vous reteniez la porte à la sortie, nous avons retenu notre souffle et vous avons dit merci pour cette belle émotion….

Quel talent…! Bravo.


Je respire où tu palpites

Je respire où tu palpites,

Tu sais ; à quoi bon, hélas !

Rester là si tu me quittes,

Et vivre si tu t’en vas ?

A quoi bon vivre, étant l’ombre

De cet ange qui s’enfuit ?

A quoi bon, sous le ciel sombre,

N’être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles

Dont avril est le seul bien.

Il suffit que tu t’en ailles

Pour qu’il ne reste plus rien.

Tu m’entoures d’Auréoles;

Te voir est mon seul souci.

Il suffit que tu t’envoles

Pour que je m’envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;

Mon âme au ciel, son berceau,

Fuira, dans ta main blanche

Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne

Si je n’entends plus ton pas ?

Est-ce ta vie ou la mienne Qui s’en va ?

Je ne sais pas.

[.....]

Victor Hugo « Les Contemplations »

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La terre qui penche

Posté par aloha le 2 octobre 2015

 

La vieille âme

« Je me souviens , car tu as gardé ta vie intacte dans ta mémoire de petite fille et que tu la parcours , à voix haute tandis que tu dors. Alors, tout contre toi, moi la « vieillarde », j’écoute mon enfance causer. Je t’écoute conjuguer jadis au présent et je m’émerveille. »

La petite fille

« Eveillée, je ne suis pas si bavarde, c’est la nuit qui me rend pie.

Comment lutter? Je dis des gros mots dans mon sommeil et , au matin, tout est aussitôt répété à mon père. Alors, on m’appelle et je me présente à la petite badine… A son tour il manque de discernement, quand il m’assène ces coups inutiles. Comment pourrais-je me corriger? [...]

Ma tête se vide par ma bouche, tout s’échappe, par flots je revis chaque journée, bonheurs et peines, je régurgite tout ca sans en avoir conscience. Parfois je rêve si bien à voix haute que, à mon réveil, les grands yeux cernés des filles me disent que je les ai passionnées et qu’elles ont veillé pour ne pas manquer la fin de mon récit. Mais c’est assez rare, le plus souvent, je ne dis rien de très neuf, je chante mes chansons, je récite mes prières, et j’insulte bien fort ceux qui, durant le jour, m’ont cherché noises, empêchée de courir ou je voulais, ou obligée à filer, à broder, à prier, à chanter. Durant mon sommeil, je torture sans retenue qui m’a contrainte, et nombreux sont ceux qui me contraignent dans ce château de mon père ou les filles n’ont qu’à bien se tenir.

Il ne veut pas faire de moi une lettrée, la faute au diable qui entre dans les âmes des filles qui savent lire!

Le diable est filou et agile, et je n’aurai jamais de psautier. Père ne m’a rien appris et j’ai volé de droite et de gauche ce que je sais. Pas grand chose. J’en parle aussi la nuit, de ces quelques lettres que je connais et que je m’applique à dessiner avec un bâton sur la terre, sur l’eau ou dans l’air. Et dès que je maitrise une nouvelle lettre, je m’en vante en dormant et je la présente  à celles que j’ai déjà apprivoisées. J’anime gaiement mon minuscule alphabet en faisant chacune de mes lettres un petit personnage, une marmotte imaginaire, avec son caractère, ses humeurs, sa couleur. Alors la badine cingle de nouveau mes doigts qui ne doivent pas écrire, puisque écrire est aussi une porte pour le diable, agile et filou.

Quand je saurais toutes les lettres de mon prénom, il me semble que j’aurai une clef. C’est surtout celles-là que je préfère, celles qui me permettent de signer B L A N C H E. Elles sont des petits bouts de moi, il est capital que je me connaisse assez pour pouvoir m’écrire, et tant pis pour le diable! Si je le croise, je saurai bien m’en défendre, comme un homme.

Je ne suis pas assez profonde pour garder mes secrets, je déborde. Je préfèrerais pisser au lit, ce la me laisserait au moins ma pensée. Au lieu de quoi , c’est des mots que je pisse par seaux, sans retenue, jamais.

 

Extrait « La terre qui penche » Carole Martinez

 

 

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Chrysalide

Posté par aloha le 1 octobre 2015

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Agir sans agir.

Poursuivre sans se mêler.

Savourer le sans-gout.

 

Rendre le petit grand

Et le peu, beaucoup.

A l’offense, répondre par la vertu.

 

Accomplir le difficile

Avant qu’il ne se montre difficile.

Faire œuvre grande

En la commencant petite.

 

Les taches difficiles

Doivent débuter facilement.

Les taches grandioses

Doivent débuter petitement.

 

Ainsi le sage qui cherche la grandeur

Parvient à devenir grand.

 

Celui qui promet à la légère

Ne rencontre plus de confiance.

Celui qui rencontre tout facile

Rencontre de grandes difficultés.

 

Ainsi le sage considère la difficulté

De toutes choses

Et n’en rencontre jamais aucune.

 

Lao Tseu

Tao Te King

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Décaméron

Posté par aloha le 29 septembre 2015

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L’an 1348, la peste se répandit dans Florence, la plus belle de toutes les villes d’Italie.

Pendant le temps de cette calamité, un mardi matin, sept jeunes dames, en habit de deuil, comme la circonstance présente semblait l’exiger, se rencontrèrent dans l’église de Sainte-Marie-la-Nouvelle. La plus âgée avait à peine accompli vingt-huit ans, et la plus jeune n’en avait pas moins de dix-huit. Elles étaient toutes unies par les liens du sang, ou par ceux de l’amitié ; toutes de bonne maison, belles, sages, honnêtes et remplies d’esprit.

Les sept femmes et trois hommes, décident de se réfugier à la campagne. Pour échapper à la morosité et à l’oisiveté, fuir cette atmosphère mortifère, le groupe des dix jeunes gens, dont les prénoms sont autant de promesses poétiques, décident de se réfugier dans les collines aux abords de Florence. Dans ce paysage sublime hanté par le souvenir de la ville abandonnée, Dionéo, Pampinée et leurs camarades racontent tour à tour une histoire. Ils se racontent à tour de rôle des histoires : celle de la mourante Catalina qui est sauvée in extremis par son amant Gentile, celle de l’artiste simple d’esprit Calandrino qui se croit invisible grâce à une pierre magique noire. De son côté, la belle Ghismunda est adulée par son père Tancredi. La sœur Isabetta, qui a osé introduire un homme dans son couvent, doit expier tandis que le fauconnier Federico aime de loin Giovanna, promise à un autre…

2013, les réalisateurs désormais octogénaires retrouvaient la radicalité esthétique (et politique) de leur jeunesse avec César doit mourir, un film âpre en noir et blanc, entièrement tourné dans une prison de Rome. Leur nouveau long métrage, inspiré du Décaméron de Boccace, est plus aguicheur et plus sage. Parmi les cent contes médiévaux du roman fondateur de la littérature italienne, ils en ont choisi cinq. Parfois comiques, le plus souvent sombres : la farce bouffonne n’est pas le point fort des Taviani, plus à l’aise dans la chronique des amours tragiques. Comparé à l’énergie et à la gouaille dont fit preuve Pier Paolo Pasolini dans sa version du Décaméron, en 1971, le film semble bien propret, tant dans sa représentation de la sexualité (très chaste) que par le casting. Alors que l’auteur de Porcherie avait recruté, dans les faubourgs populaires de Naples, des non-professionnels aux gueules incroyables, les jeunes comédien(ne)s des Contes… sont tous plus séduisant(e)s les un(e)s que les autres : Kim Rossi Stuart, qui a pourtant tout fait pour s’enlaidir, ne parvient pas à être moche…

L’académisme menace, mais moins que dans les récentes — et calamiteuses — adaptations littéraires des deux frères (Résurrection, d’après Tolstoï, notamment). Dans les vues de la campagne toscane comme dans les scènes de groupe composées comme des tableaux, les cinéastes retrouvent, par intermittence, la puissance plastique de leur chef-d’oeuvre, Kaos. Et, au-delà de ses images parfois trop lisses, le film recèle une vraie noirceur : les évocations de la peste qui ravagea Florence en 1348 résonnent comme un écho à une autre maladie qui, sept siècles plus tard, empêche à son tour la jeunesse de vivre et d’aimer en toute ­liberté. — Samuel Douhaire

http://www.ebooksgratuits.com/html/boccace_decameron.html

 

Extrait interview Le Figaro - Paolo Taviani, 83 ans, est venu sans son frère Vittorio défendre pour deux leur dernier film, une adaptation libre du Décaméron de Boccace, dont l’idée est née il y a trente ans.

Pull noir, chemise bleue, regard perçant, Paolo Taviani 83 ans est venu sans son frère Vittorio trop fatigué pour se déplacer. Plein d’allant, le réalisateur défend pour deux leur dernier film, Contes italiens une adaptation libre du Décaméron de Bocacce dont l’idée est née il y a trente ans. «Autrefois», Paolo a parlé en français, mais c’est «très fatigant». Entre deux sourires, on aura toutefois droit à de petites exceptions de celui qui est un habitué du Festival de Cannes. Les deux frères ont reçu la Palme d’or pour Padre Padrone en 1977.

LE FIGARO. – Quand avez-vous découvert Le Décaméron de Boccace dont votre film s’inspire?

PAOLO TAVIANI.- Vittorio et moi sommes nés dans un village de Toscane, San Miniato, à côté de la ville natale de Léonard de Vinci, de Boccace… Avant de répondre, je peux dire quelque chose? (En souriant) Très belle, cette robe! Boccace est un auteur qui fait partie de la famille. Aucune adaptation du Décaméron ne commence par la description de la peste au XIVe siècle, elle est le moteur de l’action, ces jeunes filles entraînent les jeunes hommes à la fuir.

C’est une adaptation libre.

Chaque fois que nous sommes partis d’ouvrages littéraires pour nos films, que ce soit Pirandello ou Tolstoï, nous les avons considérés comme des sujets. On disait «Merci Pirandello», «Merci Tolstoï» et «Au revoir Pirandello», «Au revoir Tolstoï» et «Au revoir Boccace». Notre propos est de créer une œuvre audiovisuelle très différente de la littérature. Si Boccace voyait ce film aujourd’hui, il dirait: «Hum, c’est intéressant, c’est différent de ce que j’ai écrit, mais il y aussi beaucoup de moi et de vous.»

Quel est le fil rouge du film?

C’est un film éminemment féminin, ce sont les femmes qui décident de quitter la ville pour aller à la campagne. Ce sont elles qui décident de raconter des histoires, qui font appel à l’imagination, à la fantaisie pour vaincre l’horreur de la mort. C’est pour cela qu’on les a choisies comme personnages principaux de ces nouvelles, ce sont toutes des histoires d’amour. Par exemple, il y a celle dont on ne sait pas si l’héroïne est morte ou si c’est la Belle au Bois dormant, l’important est que l’amour fait rebattre son cœur.

Comme dans Fiorile (1992) qui parle de corruption par l’argent, vous pointez du doigt les défauts des hommes Avez-vous encore des illusions sur l’être humain?

Oui, l’art des contes, aide à sourire, à combattre la mort. La pluie au début est bienveillante, pas purificatrice. Elle les aide à créer une communauté. C’est un film plein d’espoir.

Sur quels critères choisissez-vous les acteurs? Ils sont tous beaux.

Nous avons pensé que c’était important de choisir des jeunes, surtout des jeunes femmes belles, parce que la beauté est une manière de lutter, une révolte contre la peste, la mort, une façon d’aimer la vie et d’aller vers elle. Jamais, nous n’avions tourné un film avec autant de belles femmes autour de nous. Cela a été un travail passionnant. C’était en plus la rencontre de deux générations, on a beaucoup donné, on a beaucoup reçu. En harmonie. Maintenant, je souffre à l’idée qu’ils tournent d’autres films!

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