Photo de famille

Posté par aloha le 17 septembre 2019

Extrait « Photo de famille » 
Film réalisé par Cécilia Rouaud

 

L’histoire d’une fratrie, son lot d’enterrements. de séparations, de projets, de regard tantôt drôle et poignant sur la vieillesse, de vies si différentes et unies par la même enfance, ou presque.

La profondeur des sentiments de V. Paradis un peu perdue, dévouée à son enfant, se dépassant pour lui, montrer le chemin, le punch de C. Cottin, brillante, volontaire, énergique et frustrée dans son désir de maternité, le décalage introverti de P. Delalonchamps, génie pour qui les relations sociales sont compliquées, à la mère,C. Laubry, psy présente et bienveillante mais à coté de la plaque et le père soigneusement interprété par JP Bacry, le casting fait carton plein. 

On pourrait se méprendre en banalités et c’est pourtant dans la somme de celles-ci, cette retenue du scénario, la délicatesse des interprétations, que le film s’entremêle si bien à nos réalités, à la fois drôle et saisissant.

624aa7e8-6eea-45fb-bfea-722284f2c296

Gabrielle s’adressant à son enfant:
« - Je suis avec lui, mon fils, jour et nuit, je l’ai emmené à l’école tous les jours de sa vie et je suis venue le chercher tous les jours aussi. Depuis toujours. Je vis pour ça, pour qu’il ait une vie stable. Je suis là, je ne bouge pas. Je ne bouge pas comme ça il sait toujours ou me trouver.  

 

Mao et le fils de Gabrielle:
« - Je peux te raconter un truc ? Tu sais quand elle était petite elle a déménagé..
 - Non pitié pas les souvenirs d’enfance
 - ..avec mon père et Elsa. Et euh elle arrive dans une école ou elle ne connaissait personne.
 - Et ?
 - Et elle s’est présentée comme déléguée de classe. Ils ont voté, elle a eu zéro voix.
 - Bah c’est normal si elle connaissait personne
 - Zéro voix p’tit con, ça veut dire qu’elle n’a même pas voté pour elle. »

 

 Mao en séance chez la psy:
« - Quand j’étais petit je parlais pas. Enfin j’avais arrêté de parler pour stresser ma mère. Elle était chiante elle voulait tout le temps qu’on parle. Elle est psy. Du coup je parlais qu’à John, mon ourson, puis quand il est mort j’ai recommencé à parler.
- Qui est mort ? 
- Mon ourson 
- Les oursons ne peuvent pas mourir vous le savez ça ? 
- Ah si si. Dans ma famille tout le monde peut mourir même les peluches. On l’a enterré avec ma mère dans le jardin et une amie à elle qui avait une pelle. »

 

https://www.youtube.com/watch?v=Jta56wBl7SM

 

NB : Le train continue sa course, je ne compte plus les gares que j’ai laissé passer, les yeux rivés vers ce changement constant, je dessine nos possibles à la buée sur la fenêtre. Parfois je fais croire au temps qu’il a gagné, mais là ou je t’aime il est hors de portée.   
A.
 

Publié dans Extraits livres, films | Pas de Commentaire »

Décaméron

Posté par aloha le 29 septembre 2015

20150910_231114 (2)

L’an 1348, la peste se répandit dans Florence, la plus belle de toutes les villes d’Italie.

Pendant le temps de cette calamité, un mardi matin, sept jeunes dames, en habit de deuil, comme la circonstance présente semblait l’exiger, se rencontrèrent dans l’église de Sainte-Marie-la-Nouvelle. La plus âgée avait à peine accompli vingt-huit ans, et la plus jeune n’en avait pas moins de dix-huit. Elles étaient toutes unies par les liens du sang, ou par ceux de l’amitié ; toutes de bonne maison, belles, sages, honnêtes et remplies d’esprit.

Les sept femmes et trois hommes, décident de se réfugier à la campagne. Pour échapper à la morosité et à l’oisiveté, fuir cette atmosphère mortifère, le groupe des dix jeunes gens, dont les prénoms sont autant de promesses poétiques, décident de se réfugier dans les collines aux abords de Florence. Dans ce paysage sublime hanté par le souvenir de la ville abandonnée, Dionéo, Pampinée et leurs camarades racontent tour à tour une histoire. Ils se racontent à tour de rôle des histoires : celle de la mourante Catalina qui est sauvée in extremis par son amant Gentile, celle de l’artiste simple d’esprit Calandrino qui se croit invisible grâce à une pierre magique noire. De son côté, la belle Ghismunda est adulée par son père Tancredi. La sœur Isabetta, qui a osé introduire un homme dans son couvent, doit expier tandis que le fauconnier Federico aime de loin Giovanna, promise à un autre…

2013, les réalisateurs désormais octogénaires retrouvaient la radicalité esthétique (et politique) de leur jeunesse avec César doit mourir, un film âpre en noir et blanc, entièrement tourné dans une prison de Rome. Leur nouveau long métrage, inspiré du Décaméron de Boccace, est plus aguicheur et plus sage. Parmi les cent contes médiévaux du roman fondateur de la littérature italienne, ils en ont choisi cinq. Parfois comiques, le plus souvent sombres : la farce bouffonne n’est pas le point fort des Taviani, plus à l’aise dans la chronique des amours tragiques. Comparé à l’énergie et à la gouaille dont fit preuve Pier Paolo Pasolini dans sa version du Décaméron, en 1971, le film semble bien propret, tant dans sa représentation de la sexualité (très chaste) que par le casting. Alors que l’auteur de Porcherie avait recruté, dans les faubourgs populaires de Naples, des non-professionnels aux gueules incroyables, les jeunes comédien(ne)s des Contes… sont tous plus séduisant(e)s les un(e)s que les autres : Kim Rossi Stuart, qui a pourtant tout fait pour s’enlaidir, ne parvient pas à être moche…

L’académisme menace, mais moins que dans les récentes — et calamiteuses — adaptations littéraires des deux frères (Résurrection, d’après Tolstoï, notamment). Dans les vues de la campagne toscane comme dans les scènes de groupe composées comme des tableaux, les cinéastes retrouvent, par intermittence, la puissance plastique de leur chef-d’oeuvre, Kaos. Et, au-delà de ses images parfois trop lisses, le film recèle une vraie noirceur : les évocations de la peste qui ravagea Florence en 1348 résonnent comme un écho à une autre maladie qui, sept siècles plus tard, empêche à son tour la jeunesse de vivre et d’aimer en toute ­liberté. — Samuel Douhaire

http://www.ebooksgratuits.com/html/boccace_decameron.html

 

Extrait interview Le Figaro - Paolo Taviani, 83 ans, est venu sans son frère Vittorio défendre pour deux leur dernier film, une adaptation libre du Décaméron de Boccace, dont l’idée est née il y a trente ans.

Pull noir, chemise bleue, regard perçant, Paolo Taviani 83 ans est venu sans son frère Vittorio trop fatigué pour se déplacer. Plein d’allant, le réalisateur défend pour deux leur dernier film, Contes italiens une adaptation libre du Décaméron de Bocacce dont l’idée est née il y a trente ans. «Autrefois», Paolo a parlé en français, mais c’est «très fatigant». Entre deux sourires, on aura toutefois droit à de petites exceptions de celui qui est un habitué du Festival de Cannes. Les deux frères ont reçu la Palme d’or pour Padre Padrone en 1977.

LE FIGARO. – Quand avez-vous découvert Le Décaméron de Boccace dont votre film s’inspire?

PAOLO TAVIANI.- Vittorio et moi sommes nés dans un village de Toscane, San Miniato, à côté de la ville natale de Léonard de Vinci, de Boccace… Avant de répondre, je peux dire quelque chose? (En souriant) Très belle, cette robe! Boccace est un auteur qui fait partie de la famille. Aucune adaptation du Décaméron ne commence par la description de la peste au XIVe siècle, elle est le moteur de l’action, ces jeunes filles entraînent les jeunes hommes à la fuir.

C’est une adaptation libre.

Chaque fois que nous sommes partis d’ouvrages littéraires pour nos films, que ce soit Pirandello ou Tolstoï, nous les avons considérés comme des sujets. On disait «Merci Pirandello», «Merci Tolstoï» et «Au revoir Pirandello», «Au revoir Tolstoï» et «Au revoir Boccace». Notre propos est de créer une œuvre audiovisuelle très différente de la littérature. Si Boccace voyait ce film aujourd’hui, il dirait: «Hum, c’est intéressant, c’est différent de ce que j’ai écrit, mais il y aussi beaucoup de moi et de vous.»

Quel est le fil rouge du film?

C’est un film éminemment féminin, ce sont les femmes qui décident de quitter la ville pour aller à la campagne. Ce sont elles qui décident de raconter des histoires, qui font appel à l’imagination, à la fantaisie pour vaincre l’horreur de la mort. C’est pour cela qu’on les a choisies comme personnages principaux de ces nouvelles, ce sont toutes des histoires d’amour. Par exemple, il y a celle dont on ne sait pas si l’héroïne est morte ou si c’est la Belle au Bois dormant, l’important est que l’amour fait rebattre son cœur.

Comme dans Fiorile (1992) qui parle de corruption par l’argent, vous pointez du doigt les défauts des hommes Avez-vous encore des illusions sur l’être humain?

Oui, l’art des contes, aide à sourire, à combattre la mort. La pluie au début est bienveillante, pas purificatrice. Elle les aide à créer une communauté. C’est un film plein d’espoir.

Sur quels critères choisissez-vous les acteurs? Ils sont tous beaux.

Nous avons pensé que c’était important de choisir des jeunes, surtout des jeunes femmes belles, parce que la beauté est une manière de lutter, une révolte contre la peste, la mort, une façon d’aimer la vie et d’aller vers elle. Jamais, nous n’avions tourné un film avec autant de belles femmes autour de nous. Cela a été un travail passionnant. C’était en plus la rencontre de deux générations, on a beaucoup donné, on a beaucoup reçu. En harmonie. Maintenant, je souffre à l’idée qu’ils tournent d’autres films!

Publié dans Extraits livres, films | Pas de Commentaire »

 » Pour gagner ce jeu, il faut une jolie boîte, une jolie copine et le reste on s’en fout… « 

Posté par aloha le 14 septembre 2013

 

Que contient la boite ?
Cette boite est une « capsule temporelle » qui préserve et épargne les sentiments de la dégradation du temps et permets aux personnages de retrouver l’innocence. Ce thème m’a poursuivi sur deux de mes films : la boite à bonbons de « JEUX D’ENFANT » et les enveloppes de « l’AGE DE RAISON » (mon dernier film avec Sophie Marceau).
« JEUX D’ENFANTS » nous mène jusqu’au moment de l’ouverture de la boite (Sophie et Julien épuisés par une vie à éprouver leur amour  méritent enfin de l’ouvrir )…

 

20067_304663477196_5037844_n Cinéma dans Extraits livres, films24198_331866022196_5952164_n1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Que signifie la fin de « JEUX D’ENFANTS » ?

 
 Voilà une question que l’on me pose quotidiennement depuis sept ans. Et à laquelle je me refuse de répondre.
J’ai écrit cette fin de manière interactive. J’ai voulu placer le spectateur non pas dans la situation passive qu’on lui impose d’ordinaire au cinéma, mais lui restituer ce droit naturel à tout individu de choisir. Ce faisant, je brisais une des règles d’or du septième art et de la narration en général en désacralisant l’auteur et en plaçant le spectateur sur un pied d’égalité. On me l’a reproché, on m’en a félicité également…
La fin de « JEUX D’ENFANTS » est donc ouverte.
Soit Sophie et Julien succombent à l’ensevelissement dans le béton : ils figent leur amour à son paroxysme, statufiant le temps avant qu’il ne les abime… alors dans un ultime instant, ils partagent un rêve de bonheur à la fin d’un vie qu’ils auraient pu avoir.
Soit, ils survivent au béton et terminent leurs jours comme ils les avaient commencés avec les mêmes bêtises (pipi dans le bureau du directeur, gros mots en publics, etc…)
De plus la dégradation des couleurs qui passe progressivement tout au long du film du technicolor flashy de l’enfance vers la déssaturation extrême de la vieillesse, accentue l’impression d’une fin irréelle… et donc ouverte.

Yann Samuell

 

Publié dans Extraits livres, films | Pas de Commentaire »

Jeux d’enfants Yann Samuell

Posté par aloha le 14 septembre 2013

Jeux d'enfants   Yann Samuell dans Extraits livres, films 2503004887_small_1screen-shot-2012-04-23-at-10_17_50-pm2-300x168 Cinéma dans Extraits livres, films

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les amis c’est comme les lunettes, ça donne l’air intelligent, mais ça se raye facilement et puis, ça fatigue. Heureusement, des fois on tombe sur des lunettes vraiment cool ! Moi, j’ai Sophie.

 Julien

————————————————

 

Bouches toi les oreilles. Bouches toi les oreilles fort fort fort, encore plus fort ! Tu entends comme je t’aime ?

la mère de Julien à Julien.
————————————————
Du bonheur à l’état pur, brut, natif, volcanique, quel pied ! C’était mieux que tout, mieux que la drogue, mieux que l’héro, mieux que la dope, coke, crack, fitj, joint, shit, shoot, snif, pét’, ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, péyotl, buvard, acide, LSD, extasy. Mieux que le sexe, mieux que la fellation, soixante-neuf, partouze, masturbation, tantrisme, kama-sutra, brouette thaïlandaise. Mieux que le Nutella au beurre de cacahuète et le milk-shake banane. Mieux que toutes les trilogies de George Lucas, l’intégrale des muppets-show, la fin de 2001. Mieux que le déhanché d’Emma Peel, Marilyn, la schtroumpfette, Lara Croft, Naomi Campbell et le grain de beauté de Cindy Crawford. Mieux que la face B d’Abbey Road, les CD d’Hendrix, qu’le p’tit pas de Neil Armstrong sur la lune. Le Space-Mountain, la ronde du Père-Noël, la fortune de Bill Gates, les transes du Dalaï-Lama, les NDE, la résurrection de Lazare, toutes les piquouzes de testostérone de Schwarzy, le collagène dans les lèvres de Pamela Anderson. Mieux que Woodstock et les rave-party les plus orgasmiques. Mieux que la défonce de Sade, Rimbaud, Morisson et Castaneda. Mieux que la liberté. Mieux que la vie…
 Julien
————————————————
Alors toi, la rentabilité avant tout ! Je prends des cours de chant donc je veux être chanteuse. Toi quand tu donnes 100 balles contre la famine en Ethiopie, tu veux devenir Mère Thérésa ? 
Sophie.
————————————————
- Bon cap ou pas cap ?

 - Cap…

 Il descend son pantalon

 - Mouaiiis…

- Quoi mouais ?

- C’est juste à cause de çà qu’les hommes sont mieux payés qu’les femmes ?

- Aux bons ouvriers les bons outils !… À mon tour…montres-moi ta zizette !

- C’est pas du jeu c’est MON gage t’as pas l’droit d’copier…

- Cap ou pas cap ?

 Sophie se résigne à soulever sa robe

- Cap !

- C’est tout ?! Mais on voit rien du tout !

- Tu vois qu’les femmes sont plus malignes que les hommes !

 

Sophie et Julien.

Publié dans Extraits livres, films | Pas de Commentaire »

Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Extraits  » Le cercle des poètes disparus » Peter Weir

Posté par aloha le 25 août 2013

 

On ne lit pas et on n’écrit pas de la poésie parce que ça fait joli. Nous lisons et nous écrivons de la poésie parce que nous faisons partie de la race humaine ; et que cette même race foisonne de passions. La médecine, la loi, le commerce et l’industrie sont de nobles occupations, et nécessaires pour la survie de l’humanité. Mais la poésie, la beauté et la dépassement de soi, l’amour : c’est tout ce pour quoi nous vivons. Écoutez ce que dit Whitman : « Ô moi ! Ô vie !… Ces questions qui me hantent, ces cortèges sans fin d’incrédules, ces villes peuplées de fous. Quoi de bon parmi tout cela ? Ô moi ! Ô vie ! ». Réponse : que tu es ici, que la vie existe, et l’identité. Que le spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime. Que le spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime… Quelle sera votre rime ?

 

——————————————–

 

Et ne restreignez pas la poésie au seul langage. La poésie est présente dans la musique, dans la photographie, voire dans l’art culinaire ; partout où il s’agit de percer l’opacité des choses pour en faire jaillir l’essence à nos yeux. Partout où ce qui est en jeu c’est la révélation du monde. La poésie est présente dans les objets ou les actions les plus quotidiens mais elle ne doit jamais, jamais, être ordinaire. Écrivez un poème sur la couleur du ciel, sur le sourire d’une fille si ça vous chante, mais qu’on sente dans vos vers le jour de la Création, du Jugement dernier et de l’éternité. Tout m’est bon pour peu qu’il lève un coin de voile sur le ciel et nous procure un frisson d’immortalité.

 

——————————————–

 

J’ai les yeux fermés et j’ai son image qui flotte près de moi [...] le fou aux dents qui transpirent avec un regard qui perce mon front ! Il essaie de m’étrangler, il tend les mains ! Il n’arrête pas de marmonner. [...] Il marmonne des chose ! Il dit la vérité et comme une couverture qui vous laisse les pieds froids. On a beau tirer dans tous les sens il n’y en a jamais assez, on la tire, on la pousse et elle est trop petite pour nous tous ! Du moment où on entre en gémissant, au moment où on part agonisant, on se cache sous la couverture et on pleure, on crie et on se meurt.

Todd Anderson.

Publié dans Extraits livres, films | Pas de Commentaire »

 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus